Partir sur un coup de tête, sans carte ni itinéraire précis, pour l’un des treks les plus emblématiques d’Europe. C’est le pari d’une aventure vécue au feeling, avec pour seuls compagnons un sac à dos de 7,2 kg et six jours de nourriture. Le point de départ est connu, les Houches. Pour le reste, le chemin et la montagne décideront. Une immersion totale où chaque panneau, chaque tracé devient un guide essentiel pour ne pas se perdre dans l’immensité alpine, une expérience où l’imprévu est la seule certitude.
Table des matières
Départ pour le tour du Mont-Blanc : une aventure spontanée

L’improvisation comme maître-mot
L’idée de ce tour du Mont-Blanc est née d’une impulsion, sans aucune recherche préalable. L’essentiel était de partir, de se lancer. La seule préparation a consisté à faire un sac et à se rendre au point de départ. Cette approche spontanée signifie une dépendance totale aux balisages du sentier. Chaque intersection est une micro-décision, chaque panneau une confirmation. L’itinéraire se construit au fil des pas, des envies et de la fatigue du moment. Il n’y a rien de préparé, une fois le sac fait, c’est l’aventure pure.
Un équipement minimaliste pour une liberté maximale
Pour s’assurer une progression rapide et agile, le choix s’est porté sur un équipement léger. Le sac à dos pèse à peine 7,2 kg, incluant la nourriture pour six jours d’autonomie. Ce poids plume est un atout majeur, surtout quand l’objectif officieux est de tenir un rythme de 2000 mètres de dénivelé positif et négatif par jour pour boucler le tour en moins d’une semaine. Au premier jour, la forme est olympique, mais la montagne a ses propres règles et la fatigue est une compagne de route inévitable.
-
IGOLUMON Sac à Dos Randonnée Homme Femme 40L Ultraléger Pliable Grande Sac à Dos Voyage Sac à Dos pour Trekking Sport Camping,Noir
-
Zorplex Sacs à Dos de Randonnée, 40Litri Ultra Léger Pliable Sac de Voyage, Imperméable Grande pour Homme Femme, Trekking Outdoor, Voyage, Camping, Alpinisme, Sport, Escalade
-
OUDQFCJ Sac à dos pliable ultra léger et étanche à plier - Petit sac à dos de randonnée pour homme et femme Sac à dos de randonnée pliable pour voyage - 15 l
Cette première journée, riche en sensations et en découvertes, n’était qu’un avant-goût des défis et des merveilles que le sentier réservait encore.
Première journée : les Houches jusqu’à l’aire de bivouac de la Rollaz
La chaleur, premier adversaire
Après avoir traversé les Houches, la première étape mène au col de Voza. Rapidement, ce n’est pas la pente qui use l’organisme, mais une chaleur écrasante. « Ce qui me fatigue, c’est pas la montagne, c’est la chaleur », devient le leitmotiv des premières heures. Le soleil tape fort et les sentiers, pour l’instant, offrent peu d’ombre. La réserve d’eau diminue dangereusement, avec à peine 50 centilitres restants, la situation devient préoccupante.
La providence des cours d’eau et les caprices du temps
L’espoir renaît à la vue d’une végétation plus dense, signe de la présence d’un cours d’eau. Et la nature ne déçoit pas. Un ruisseau salvateur permet de refaire le plein et de s’offrir une pause méritée avec un morceau de gruyère suisse. Mais la montagne est changeante. Alors que la température avoisinait les 35 degrés, la pluie fait une apparition soudaine. En une seule journée, le parcours offre toute la palette météorologique : chaleur, vent, pluie. La journée se poursuit en empruntant la variante du col de Tricot, puis en descendant vers les chalets de Miage.
Une fin de journée au feeling
L’objectif initial était d’atteindre les Contamines-Montjoie, mais la fatigue et l’heure avancée poussent à continuer jusqu’à une aire de bivouac plus lointaine, celle de la Rollaz, près de Notre-Dame de la Gorge. Le TMB se révèle extrêmement bien tracé, avec de nombreux refuges, chalets et panneaux indicateurs. La première nuit se passe dans une petite tente exiguë mais familière, un abri précaire contre les éléments déchaînés de la nuit.
| Étape | Distance approximative | Difficultés notables |
|---|---|---|
| Les Houches – La Rollaz | 25 km | Forte chaleur, gestion de l’eau, orage soudain |
Après une nuit hachée par les caprices de la météo, le corps et l’esprit doivent se remobiliser pour affronter les cols redoutables qui se dressent sur la route.
Surprises et difficultés du parcours : des intempéries au col de la Seigne
L’ascension des cols du Bonhomme et des Fours
Le deuxième jour commence par l’ascension du col du Bonhomme. Le sentier devient technique, un enchevêtrement de caillasse où il faut chercher ses appuis. Un jeune randonneur, écroulé sur le bord du chemin, rappelle à quel point un sac trop lourd peut transformer le plaisir en calvaire. Le choix est fait de prendre la variante alpine du col des Fours, qui culmine à 2660 mètres. Le froid se fait sentir, la neige fait son apparition, mais le spectacle est grandiose. Grimper, parler à la caméra, tenir les bâtons, l’effort est intense mais la récompense est à la hauteur.
Entre marmottes et frustration fromagère
La descente du col des Fours offre la vision réconfortante d’une marmotte et la promesse d’une fromagerie vendant du Beaufort. Hélas, la gourmandise est mise à rude épreuve. La veille, toute la réserve de fromage personnelle a été dévorée en une seule fois. Et pour couronner le tout, la fromagerie est fermée. C’est donc le ventre un peu vide qu’il faut attaquer la suite : le col de la Seigne.
L’épreuve du col de la Seigne sous la pluie
Au col de la Seigne, le vent souffle avec une force impressionnante. La fatigue est intense, et pour ne rien arranger, la pluie fait son retour. La journée a été un enchaînement d’efforts extrêmes : col du Bonhomme, variante du col des Fours, descente vers la Ville des Glaciers et remontée du col de la Seigne. L’arrivée en Italie se fait dans un état d’épuisement avancé, mais il faut encore marcher sept kilomètres avant de trouver un lieu de bivouac en altitude.
Cette journée éprouvante a poussé les limites physiques, mais le troisième jour réserve une rencontre d’une tout autre nature, une de celles qui marquent une vie de randonneur.
Rencontre magique : le loup des montagnes
Un début de journée sous le signe de la nature
Le réveil du troisième jour est difficile. Le sommeil est mauvais, interrompu sans cesse. Après une toilette rapide dans la rivière, la marche reprend sur un sentier heureusement très propre. Le chemin serpente enfin au milieu des sapins. Soudain, des cris stridents percent le silence. Ce sont les marmottes qui donnent l’alerte. Elles ne crient pas pour les randonneurs, mais pour signaler la présence d’un prédateur.
Un face-à-face inoubliable
Et puis, il est là. À cinquante mètres à peine. Un loup. « Putain, y a un loup ! » C’est la première fois qu’une telle rencontre se produit à l’état sauvage. L’animal est magnifique, sauvage, indifférent. Il avance tranquillement, pendant qu’une marmotte continue de couiner de peur. C’est un moment de grâce, une vision incroyable qui justifie à elle seule tous les efforts consentis. C’est la nature dans ce qu’elle a de plus pur et de plus puissant. La journée est faite, quoi qu’il arrive.
Observations naturalistes en chemin
Le sentier offre d’autres spectacles plus discrets mais tout aussi fascinants, comme une impressionnante fourmilière à dôme. Construite au pied d’un sapin, elle est un exemple d’intelligence animale. Les fourmis utilisent les aiguilles de pin qui tombent à proximité pour bâtir leur habitat, une optimisation parfaite des ressources. Le chemin continue, quittant le territoire du loup pour se rapprocher de la civilisation.
Revigoré par cette rencontre exceptionnelle, le périple se poursuit à travers les vallées italiennes et les cols suisses, où la beauté des paysages rivalise avec l’intensité de l’effort.
Traversée de l’Italie puis la Suisse : l’effort entre chaleur et beauté
Courmayeur, un labyrinthe urbain
La descente vers Courmayeur marque un retour brutal à la civilisation. Le plus grand défi n’est pas physique mais logistique : trouver les minuscules panneaux TMB dans la ville. Une heure de perdue à tourner en rond, une galère qui attise l’envie de retrouver au plus vite la quiétude des montagnes. Une fois le bitume quitté, l’ascension vers le refuge Bertone commence, avec en toile de fond le massif du Mont-Blanc qui se dévoile à nouveau.
Le Grand col Ferret, porte de la Suisse
Le quatrième jour débute dans le froid matinal par l’ascension du Grand col Ferret. Mille mètres de dénivelé positif d’une traite pour mériter le passage en Suisse. Le soleil, d’abord timide, fait une apparition bienvenue au sommet, un encouragement avant la longue descente. La Suisse dévoile des paysages différents, plus vallonnés, parsemés de magnifiques chalets en bois. La station de Champex-Lac est un véritable enchantement visuel.
La quiétude des paysages suisses
La progression en Suisse est plus roulante, mais la fatigue s’accumule. Chaque montée, même modeste, pèse dans les jambes. La journée se termine en se rapprochant au maximum du col de la Forclaz, avec un bivouac improvisé en pleine pente, faute de trouver un replat convenable. La journée a été longue : ascension du Grand col Ferret, traversée du Val Ferret suisse, passage par la Fouly et Champex-Lac.
Le retour en France est proche, mais la dernière étape s’annonce comme la plus difficile, un véritable test de résistance et d’orientation.
Dernière étape : retour triomphal aux Houches
L’erreur d’itinéraire et le sentier des chamois
La dernière journée commence avec une mauvaise surprise. Suite aux indications d’autres randonneurs, un mauvais sentier est emprunté. Au lieu du TMB classique, c’est une variante de trail, le sentier des balcons, qui se présente. Le chemin est extrêmement technique, raide, avec des « escaliers dans la roche ». Ce n’est clairement pas un sentier pour randonneurs classiques, mais plutôt pour les chamois. La frustration est grande de voir des panneaux indiquant toujours le même temps de marche vers le col de Balme malgré une heure d’effort.
Échelles, vertige et fin de l’autonomie
Le col de Balme est enfin atteint, et la France est en vue. Mais le parcours réserve encore des surprises, notamment un passage vertigineux équipé d’échelles et de cordes. C’est là que l’appareil photo tombe, heureusement sans gravité, entre deux échelles. L’épuisement est total, et pour la première fois, les réserves d’eau et de nourriture sont à sec. L’autonomie est terminée. Il faut se rendre à l’évidence : le tour ne se finira pas en cinq jours. La nuit se passera au bord du lac de la Flégère, un des plus beaux bivouacs du parcours.
-
Appareil Photo Numérique Compact Portable 4K, 50MP Autofocus Digital Camera avec Écran IPS 2,8", Zoom Numérique 16X, Carte Mémoire Micro 32 G et Batterie, pour Enfants, Adolescents et Débutant
-
KODAK Pixpro FZ55 - Appareil Photo Numérique 16 Mégapixels, Zoom Optique 5X, Ecran LCD 2.7, Stabilisateur Optique, Full Vidéo HD 720p, Lithium-ION - Bleu
-
Appareil Photo Numériques 5K 75MP avec WIFI, Carte de 64 Go, Écran Rotatif 3.0" à 180° pour Selfie 18X Digital Zoom Appareil Photo Compacte Digital Caméra pour Vlog, Voyages, YouTube, Débutants (Noir)
Le dernier jour, à jeun vers l’arrivée
Le sixième jour débute au milieu des photographes matinaux, venus immortaliser le lever de soleil. La marche reprend à jeun, direction le sommet du Brévent à 2500 mètres. L’effort est immense, mais la motivation est là. Et puis, enfin, le panneau. « Les Houches ». La joie est indescriptible. La boucle est bouclée. L’envie d’une bonne pizza est plus forte que tout après six jours de nourriture froide ou inexistante. Comme un symbole, les cloches de l’église des Houches, qui sonnaient depuis un quart d’heure, s’arrêtent pile au moment du passage.
Cette aventure improvisée sur le tour du Mont-Blanc a été bien plus qu’un simple trek. Ce fut une succession d’épreuves physiques, de doutes, mais aussi de moments de grâce pure comme cette rencontre avec un loup. Elle rappelle que sortir de sa zone de confort, affronter l’inconnu et les difficultés, est ce qui nous fait grandir et nous sentir profondément vivants, loin de la facilité du quotidien.






