Coronavirus et randonnée : pourquoi éviter de partir en rando ?

Coronavirus et randonnée : pourquoi éviter de partir en rando ?

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La crise sanitaire mondiale déclenchée par le coronavirus a profondément modifié nos habitudes, y compris notre rapport aux activités de plein air. Alors que la nature semblait être le refuge idéal face aux contraintes du confinement, la pratique de la randonnée a soulevé de nombreuses questions et a été soumise à des restrictions inédites. Bien que la situation ait évolué depuis les premières vagues épidémiques, une analyse rétrospective et actuelle des risques et des recommandations demeure essentielle pour comprendre pourquoi la prudence reste de mise sur les sentiers.

Les risques sanitaires liés au coronavirus

La transmission du virus en plein air

Il est communément admis que le risque de transmission du SARS-CoV-2 est plus faible en extérieur qu’en lieu clos. Cependant, cette réduction du risque n’équivaut pas à une absence de risque. La contamination reste possible lors de contacts rapprochés et prolongés. Sur un sentier étroit, croiser d’autres randonneurs peut rendre la distanciation physique difficile à maintenir. De plus, l’effort physique intense, comme en trail ou lors d’une montée abrupte, augmente le volume et la portée des gouttelettes respiratoires expirées, ce qui peut potentiellement accroître le risque de transmission si les distances ne sont pas scrupuleusement respectées.

Le contact avec les surfaces partagées

Un sentier de randonnée n’est pas un environnement stérile. Les randonneurs sont amenés à toucher de nombreuses surfaces communes qui peuvent être des vecteurs de contamination. Il faut notamment être vigilant avec :

  • Les barrières et les portillons.
  • Les mains courantes et les chaînes dans les passages techniques.
  • Les tables de pique-nique et les bancs.
  • Les panneaux d’information et les tables d’orientation.
  • Le matériel dans les refuges ou les gîtes d’étape.

L’utilisation d’un gel hydroalcoolique est donc fortement recommandée après avoir touché ces éléments, même en pleine nature.

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Le risque d’isolement en cas de symptômes

Tomber malade en pleine randonnée, surtout sur un itinéraire de plusieurs jours, représente un danger considérable. L’apparition soudaine de symptômes du COVID-19 (fièvre, toux, fatigue intense) en pleine montagne, loin de toute assistance médicale rapide, peut transformer une simple excursion en une situation critique. Le randonneur malade prend non seulement un risque pour sa propre santé, mais il risque également de contaminer d’autres personnes dans un refuge ou les habitants d’un village isolé dont l’accès aux soins est souvent plus limité.

Les risques sanitaires, bien que modulés par l’environnement extérieur, sont donc bien réels. Ils ont été à l’origine de mesures gouvernementales strictes visant à limiter les interactions et les déplacements de la population.

L’impact des restrictions de déplacement

L’évolution des règles de confinement

Pour endiguer la propagation du virus, les autorités ont mis en place des mesures de confinement successives limitant drastiquement la liberté de mouvement. Ces restrictions ont directement impacté la pratique de la randonnée. Au plus fort de la crise, les sorties étaient limitées en durée et en distance, rendant toute randonnée digne de ce nom impossible. Les phases de déconfinement ont apporté un assouplissement progressif, mais toujours encadré.

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Période Règle de déplacement principale Impact sur la randonnée
Printemps 2020 (1er confinement) Sortie limitée à 1 heure par jour dans un rayon de 1 km autour du domicile. Pratique quasi impossible, sauf pour les riverains de sentiers.
Mai-Juin 2020 (1er déconfinement) Déplacement autorisé dans un rayon de 100 km sans attestation. Reprise possible mais limitée aux massifs proches du domicile.
Automne 2020 (2e confinement) Règle du « 1 km / 1 heure » puis « 20 km / 3 heures ». Randonnée de proximité uniquement, forte limitation des projets.
Printemps 2021 Limitation des déplacements inter-régionaux et couvre-feu. Randonnée locale encouragée mais projets lointains impossibles.

Les zones naturelles à l’accès réglementé

Au-delà des limitations de déplacement individuelles, de nombreuses autorités locales ont pris des arrêtés pour fermer l’accès à des sites naturels particulièrement fréquentés. Plages, parcs nationaux, massifs forestiers ou sentiers littoraux ont été temporairement interdits au public pour éviter les rassemblements. Ces fermetures visaient à protéger à la fois la population et les écosystèmes, souvent mis à mal par une surfréquentation des quelques sites restés accessibles.

Ces contraintes réglementaires ont été largement motivées par les appels à la prudence lancés par ceux qui sont en première ligne sur le terrain : les secouristes.

Les recommandations des secours en montagne

La nécessité de ne pas surcharger les services d’urgence

L’argument principal avancé par les pelotons de gendarmerie de haute montagne (PGHM) et les autres services de secours a été constant tout au long de la crise : chaque accident en montagne mobilise des ressources précieuses. Un randonneur victime d’une entorse, qui nécessite l’intervention d’un hélicoptère et une prise en charge hospitalière, détourne des moyens humains et matériels qui sont alors cruellement nécessaires à la gestion de la crise sanitaire. Dès mars 2020, les secouristes alertaient sur le fait que chaque intervention représentait une charge supplémentaire pour des hôpitaux déjà au bord de la saturation.

La protection des sauveteurs

Une intervention de secours implique une proximité inévitable entre les sauveteurs et la victime. Cette promiscuité expose les secouristes à un risque de contamination. Garantir la sécurité et la santé de ces personnels spécialisés était une priorité absolue pour maintenir la capacité opérationnelle des services d’urgence. Demander aux citoyens de renoncer à leurs activités à risque était donc aussi une mesure de protection pour les professionnels du secours.

L’appel à la responsabilité et au civisme

Face à une situation exceptionnelle, les autorités et les organisations de montagnards ont lancé un appel général à la responsabilité. Il a été demandé à chacun de faire preuve de civisme en reportant les sorties ambitieuses et en privilégiant des activités physiques à faible risque près de son domicile. Le message était clair : ce n’était pas le moment de prendre des risques, même minimes, qui pourraient avoir des conséquences collectives graves.

Cette prudence était d’autant plus justifiée que les sentiers eux-mêmes pouvaient présenter des dangers inhabituels en raison du contexte.

Les dangers des sentiers en période de confinement

Les dangers des sentiers en période de confinement

Le manque d’entretien des chemins

Durant les périodes de confinement strict, les services responsables de l’entretien des sentiers, qu’ils soient associatifs ou publics, ont dû cesser ou réduire leurs activités. Par conséquent, les chemins ont pu se dégrader. Des obstacles comme des arbres tombés, de petits glissements de terrain ou une signalisation défaillante ont pu rendre certains itinéraires plus dangereux qu’à l’accoutumée. S’aventurer sur des sentiers peu fréquentés ou mal entretenus augmentait significativement le risque d’accident.

La surfréquentation ponctuelle

Paradoxalement, alors que la montagne semblait vide, les quelques sentiers accessibles à proximité des zones urbaines ont connu une fréquentation explosive. Cet afflux massif de promeneurs, souvent peu expérimentés, a engendré plusieurs problèmes : impossibilité de respecter la distanciation physique sur des chemins étroits, érosion accélérée des sols et dégradation de l’environnement. Cette concentration a transformé des lieux de quiétude en zones de forte affluence.

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Le risque accru en cas d’incident

Avec une fréquentation globale en baisse sur l’ensemble des massifs, un randonneur seul rencontrant un problème avait moins de chances de croiser quelqu’un pour lui porter assistance. L’isolement, habituellement recherché par certains, devenait un facteur de risque aggravant. Un simple malaise ou une chute pouvait avoir des conséquences bien plus graves en l’absence de passage. Posséder un moyen de communication fiable et une montre GPS pour partager sa position devenait alors plus qu’une précaution, une nécessité.

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Même lorsque la pratique était autorisée, elle devait donc s’accompagner d’un respect scrupuleux de règles de sécurité adaptées à ce contexte si particulier.

Les règles de sécurité en randonnée et en trail

Adapter les gestes barrières à la pratique sportive

Les recommandations sanitaires de base devaient être appliquées et adaptées à l’environnement de la randonnée. Il s’agissait principalement de :

  • Maintenir une distance physique d’au moins deux mètres avec les autres randonneurs, et l’augmenter à plus de dix mètres en cas d’effort intense (course, montée rapide).
  • Éviter tout partage de matériel : gourdes, nourriture, bâtons de marche, etc.
  • Se laver ou se désinfecter les mains régulièrement, surtout après avoir touché des surfaces communes.
  • Porter un masque lors des passages dans les villages, les refuges ou sur les parkings fréquentés.
  • Privilégier les sorties en solitaire ou en très petit groupe, en évitant le covoiturage avec des personnes extérieures au foyer.

Choisir son itinéraire avec un maximum de prudence

La période n’était pas propice à l’exploration ou au dépassement de soi. Le mot d’ordre était la minimisation du risque. Il était conseillé de choisir des itinéraires bien en deçà de son niveau technique et physique habituel. Privilégier des sentiers connus, bien balisés, peu engagés et proches du domicile permettait de limiter la probabilité d’un accident ou de se retrouver en difficulté, et donc d’avoir à solliciter les secours.

Communiquer et préparer sa sortie

Plus que jamais, la préparation est restée la clé d’une sortie réussie et sécurisée. Consulter la météo, charger la batterie de son téléphone, et surtout, prévenir un proche de son itinéraire précis et de son heure de retour estimée sont des réflexes fondamentaux. Cette précaution simple permet de déclencher les secours rapidement et efficacement en cas de problème, un gain de temps qui peut s’avérer vital.

La crise du coronavirus a donc imposé une réévaluation profonde de notre pratique de la randonnée. Loin d’être une simple contrainte, elle a mis en lumière l’interdépendance entre nos loisirs individuels et la santé collective. Le respect des restrictions, la prudence sur les sentiers et la solidarité envers les services de santé et de secours ont été les piliers d’une pratique responsable. Ces leçons de civisme et de conscience du risque demeurent pertinentes, nous rappelant que l’aventure en pleine nature ne doit jamais se faire au détriment de la sécurité de tous.

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